Posts de la catégorie "A SUIVRE"

30/08/2005

Gamelle et Bol de Lait 23

Ça pue le pâté ! La haute couture de chez Deschiens, le Don Pérignon made in Coca-Cola, ou encore, Mozart, Bach et Chopin revu et corrigé par Claiderman ! Aussi probable que Mireille Mathieu chantant MC Solaar ou Doc Ginéco. Aussi absurde et irréel que de voir Alain Delon remplaçer au pied levé Smain ou Guy Bedos dans un one-man-show, la reconversion de Bocus à la cuisine rapide et au hamburger ! J'ai vu mieux comme approche et comme pressentiment initial...

Décalage, anachronisme, incompréhension, sont les mots qui me viennent pour tenter de faire partager ce que je ressens en présence de cette chose.

Cette chose, difficile d'appeler ça un être humain de sexe masculin et pourtant... Devant moi, gesticule une forme vivante, doté de la parole et d'une pensée qui dans un certain nombre de domaines semble remarquable. Me fait face, une sorte de Silène, un monstre sur le plan esthétique, le corps et le visage sont d'une disgrâce extrême : sur un tronc de chimpanzé se trouve vissé une hure, un mélange de cochon et de poisson ! Une horreur, une sorte de défi à la nature humaine. Éléphant Mann aurait pu passer pour élégant à côté, c'est tout dire !

Sa vue même m'aurait été insoutenable si il n'y avait pas eu ses yeux d'où émanait une douceur suprême, d'où jaillissait une vivacité d'esprit et une intelligence redoutable. Au premier regard, je fus littéralement magnétisé. Sa présence m’était loin d'être répugnante, bien au contraire, je la trouvai agréable, une fois plongée dans son regard vous sembliez être à jamais son prisonnier, son esclave et sa soumise.

-  Victor Laidachier, ingénieur en informatique. Et toi mon mignon, c'est comment ton nom ?

Voilà que cette scorie de l'humanité se met à m'adresser la parole et en des termes on ne peut plus familier par-dessus le marché. Ses yeux doux et inflexible à la fois me fixaient et me raclaient le fond de l'âme en prononçant ces mots. Je voulais fuir, ou bien l’envoyer paître, lui casser la gueule. Je ne réussis qu’à baisser la tête et à répondre courageusement :

-  Konica, photographe vagabond, terrien et vaurien, artiste, anticonformiste. Je suis un solitaire et un sauvage, pas mignon du tout, vu Mann !

GoyaGoya Goyaschrei1

Hommage à Goya. Il s'est intéressé aux gueux, aux miséreux, aux déshérités de la vie, les estropiés, les laids ... Un peintre des plus humaniste.

28/08/2005

Gamelle et Bol de Lait 22

Mg3_1

M. G. vient de couler une bielle. La conne ! Cela devait arriver, je m'étonne même que cela n'arrive que maintenant.

Ce n'est pas faute de l'avoir mise en garde pourtant. Une voiture pareille mérite attention et respect. Il faut être à son écoute et réagir à la moindre alerte : au moindre bruit suspect, au moindre voyant qui s'allume. Lorsque l'on a un certain âge on devient plus fragile et un petit rhume peut prendre vite des allures dramatiques si on n'y prend pas garde.

Au lieu de cela, Mademoiselle, s'amuse à conduire sa magnifique automobile comme si elle avait entre les mains une vulgaire berline moderne. Bref, de la confiture donnée à un cochon.

Sur une M. G. c’est au conducteur de s'adapter au rythme de la voiture. Et cette vieille dame, a besoin de prendre son temps, elle n'est pas faite pour les pressés, les stressés.

19/05/2005

Gamelle et Bol de Lait 21

En rentrant, je suis monté voire M. G. pour lui faire part de mon frémissement intérieur. Sourire.

- Ca y est, t’as fini ta crise, ton spleen. C'est pas trop tôt mec.

- Tu viens avec moi demain ? J'ai envie de te tirer le portrait toi et ton bolide.

Le lendemain matin, super nana dans super voiture. Et moi, petit photographe, me sentant un peu pâle à côté d'elle. Faut dire, elle avait sorti le grand jeu. Le maquillage, la minijupe, le perfecto : franchement bandante la meuf. Cependant, moi non plus, je n'étais pas sans argument. Il suffit de braquer un petit rectangle de 15 cm sur 10 pour devenir magicien avec le pouvoir de transformer, modeler, à sa guise, une belle fille.

C'est fou l'attraction que peut susciter un simple objectif sur de telles créatures. En plus, si vous avez quelque talent, vous devenez carrément irrésistible ! Tout l'art réside dans la mise en valeur. La photographie est un leurre, mais quel leurre fabuleux. En figeant des instants et en les chargeant d’émotions, le photographe détient là son pouvoir maléfique de fixer à jamais des moments qui rendent beaux et qui, puissance suprême, rend cette beauté intemporelle.

Trois jours après, lorsqu'elle a vu les photos développées, elle a craqué. Je ne suis pas du genre à me lancer des fleurs, souvent je trouve mes photos médiocres et banales, mais là, j'étais content de moi. Elle a regardé les tirages lentement, elle les a dégustés. Ses yeux pétillaient, elle était sous le charme. Elle m'est tombée dans les bras.

- Superbe les photos.

Tendrement, elle a passé ses bras autour de mon cou. Instantanément, sa chaleur a percuté mon corps et mes sens : j'étais au bord de l'extase. J'étais foutu. Dans une sorte de réflexe animal sentant le piège, le danger, j'ai délicatement desserré l’étau emprisonnant ma nuque. Je lui ai souri.

- C’est juste des toffs MG. Des toffs, c’est tout.

- Oui, mais quelles photos !

Puis, elle a remis ça, m’enlaçant de plus belle.





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01/05/2005

Gamelle et Bol de Lait 20

J'avais décidé de m'occuper l'esprit. C'était le remède que j'avais trouvé pour exorciser cette histoire de fantômes hantant des lieus désertés, chargés de nostalgie. Je mitraillais à tout va. Pire qu'un touriste japonais. J'étais en pleine crise de  «déclicmania ». Elle était sévère. La dernière datait déjà et cela m'a demandé un effort de mémoire pour m'en souvenir. Une affaire de coeur. J'avais eu du mal à en faire le deuil. Elle m'a laissé un goût amer, d'inachevé, comme si tout n'avait pas été consumé. Il y avait eu, dans cette chronique amoureuse, des non-dits restaient suspendus.

Je me souviens avoir été durement agacé durant cette période, mon esprit tout entier en avait été affecté, au point d'en avoir été complètement aliéné.

De même aujourd'hui, pour me libérer la tronche, la seule parade efficace trouvée : la fuite dans la photo.

Je prenais n'importe quoi de préférence, diarrhée photographique, sans discernement. Je shootais tout ce qui passait à portée d’oeil. Plus je trouvais ça nul et plus je me délectais, m'acharnais même, à mitrailler. Défoulement. J'ai passé mes nerfs et de péloches  de 36 poses sur le percolateur de Mamie ! Sans regarder l'objectif, j'arrosais en aveugle, au hasard, surtout au hasard. Et puis, comme c'était convenu, c'est reparti. Pourquoi ? Comment ? J'en sais foutre rien. Peut-être un sourire de M. G., des paroles rassurantes de Mamie, une balade à la casse de Pierre...

Ce matin-là, la lumière du jour naissant baigna ma chambre d'une douce chaleur accueillante. J'ai enfilé un jean et un maillot, brossé mes dents, descendu boire un café. J'ai lancé un clin d'oeil à Mamie, et, tout en avalant une gorgée :

-  belle journée, fameux le café ce matin.

Elle m’a regardait profondément, un long moment. Silence. Dans ses yeux, je pouvais y lire un mélange d'étonnement, d'incompréhension et d'inquiétude.

Tout me semblait de bonne augure, je pétais la forme avec une envie furieuse de dévorer la vie comme elle vient, sans se prendre la tête. Je voulais faire partager mon euphorie à M. G. J'ai pris la coccinelle, droit devant. Prendre l'air, c'est ça, il fallait que je m’oxygène. 1 h 30 après, j'étais en pleine  cambrousse, dans le vexin. Le printemps, lui aussi, était en pleine forme. La nature ouvrait grand ses bras. J'ai pris une route communale, plus proche du sentier que de la route et j'ai arrêté la voiture au bord du chemin. Je suis descendu. Assis sous un orme, j'ai fermé les yeux, ouvert les oreilles et l'ensemble de mon corps. Je me suis laissé pénétrer de cette nature si généreuse pour qui sait sans retenue si laisser bercer. Ce sentiment de plénitude, où le corps et l'esprit sont libérés, il y avait un moment que je ne l'avais pas ressenti.

Paris99 95

24/04/2005

Gamelle et Bol de Lait 19

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Des images érotiques et sensuelles défilaient dans ma tête. Elles ne provoquaient pas l'exitation, bien au contraire, elles contribuaient au calme et à la sérénité qui m'habitait.

Le feu de l'alcool, qui envahit le corps d'une caresse brûlante. L'alcool qui crame l'âme et l'esprit. L'alcool qui libère et invite l'inconscient à composer le menu au banquet des désirs. Et dans ces moments-là, le Ça prend les commandes et soumet le Moi à sa loi.

Où l'âme hurle ses envies, où le corps réclame, en suppliant, son dù de chair : de caresses, de seins durs, de sexe humide et gonflé de désir, de peaux suintantes au goût de sel, d'odeurs de passion et de perdition.

C'est un défilé d'images et de scènes, de fantasmes, d’appels à l'irrésistible féminin.298Misc331

Misc503

23/04/2005

Gamelle et Bol de Lait 18

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Le chérubin été plutôt réussi. Pierre s'était investi, sans compter sa peine, pour redonner vie à sa roulotte. De son travail transpirait l'amour, la passion. De là venait l’émotion, de là émanait la beauté et le caractère de l’antre qui s'était formé de ses mains. Du sol au plafond, du lambris. Les meubles : du chêne.

Cet agencement était conforme à Pierre. Solide, sans fioriture, rustique. On aimait ou pas, question de goût, mais on ne pouvait lui reprocher de laisser une impression d'inachevé. Le moindre petit détail avait été soigné.

Je laissais divaguer mes pensées, le regard dans le vide. Ne pas chercher à contrôler. Je me resserre un whisky.

J'ai passé la soirée et une bonne partie de la nuit ainsi : à m’enfiler des verres et à rêvasser.

Je pensais à M.G. je l'imaginais au milieu de toutes ces brutes aux regards lubriques. Elle, d'une magnificence divine, nue et sublime, traversant l'assemblée sans sourciller, puis disparaissant comme elle était apparue. Mirage. Image merveilleuse qui me remplit l'âme d'un bonheur qui m'avait fui depuis longtemps. Comme une sorte d'inaccessible rassurant et apaisant.

J'avais trop bu. Pierre n’a ramené chez moi. Pour seule compagnie, j'avais eu l'alcool, il m'avait tenu chaud. J'aurais préféré la chaleur d'une femme... Mais, contre mauvaise fortune bon coeur, c'était mieux que rien.

Anja_ina378

21/04/2005

Gamelle et Bol de Lait 17

Souffle

Pierre a fait une  fête pour célébrer l'avènement. Enfin ! Il était né le divin enfant.

Pas une nana à l'horizon ! Désespérant, comme tableau. Tant bien que mal, j'accomplissais l'exploit de me faufiler parmi les molosses imbibés d'alcool jusqu'à la racine des cheveux. Avec mais 1 m70 et ma carrure de jockey, je n'en menais pas large. Dès que j'en frôlais un, je balancais un rictus grinçant en espérant que cet abruti prenne cela pour un sourire où je me fendais en confusion. Je ne me faisais pas prier pour les en arroser abondamment. Ma largesse était à la hauteur de mon dédain. Certains donnaient écho à mes grimaces. Les lèvres jusqu'aux oreilles, ils me crachaient leur haleine fétide en même temps que leurs grosses poignes s'écrasaient sur mon dos en guise de tape amicale.

-  Si tu veux passer vieux, il faut le dire : on va te faire une petite place.

En fait, ils paraissaient plus bêtes que méchants. D'ailleurs, ma répulsion n'avait aucun fondement. C'était du pur délit de sale gueule de ma part. Il y a des aversions que l'on ne contrôle pas. Le genre camionneur, cela ne m'a jamais branché, c'est physique.

Je me glisse dans un coin, près d'une petite table ronde, où j'attrape un verre je me sers un whisky. Yeux fermés, j’hume les vapeurs d'alcool, j'avale une bonne lampé de ce précieux liquide. La gorge s'enflamme, mon corps se vivifie. Je me détends, je souris même, naturellement. Je lève la tête, je relâche mon cou. L'esprit libre, je fixe le plafond, béatement, absorbée par mon Campbell…

Et, j’ai pensé à MG.

17/04/2005

Gamelle et Bol de Lait 16

Routesgourmandesreinedsc00056_1 Pierre est un pragmatique qui appelle un chat un chat. Moi je suis plutôt du genre coupeur de cheveux en quatre. J'envie ce mec de ne pas se prendre la tête pour un oui, pour un non. La vie semble simple à ses côtés. Ça me refile la pêche de le voir.

De grande taille, une tignasse rousse surplombant un cube en guise de crâne. De grands yeux bleus rieurs au milieu de la figure, le reste noyé par des taches de rousseur particulièrement saillantes et prononcer. On avait du mal à lui donner un âge précis. Les traits du visage ne sont encore qu'une esquisse. Sa tronche de gros bébé joufflu donne cette impression, comme si le temps glissait sur lui. On a du mal à lire quoi que ce soit sur ce faciès. Ni traces, ni marques, pour rappeler l'histoire, le vécu. Seul, le regard, très expressif, porte le poids des ans, avec son lot de joies et de souffrances.

Pierre vit dans une roulotte. Elle ne date pas d'hier, elle vient d'Irlande. À part le châssis et les armatures, qui sont en acier, ça roulotte et tout en bois. Lorsqu'il l’a acheté, les longerons étaient rongés par la rouille. Quant au bois, le peu qui en resté finissait de pourrir sur place.

C'est en Normandie qu'il l’a trouvé. Elle attendait là depuis des années, dans un champ en jachère. Abandonnée par son propriétaire, un agriculteur, qui n'en avait plus l'usage depuis belle lurette. Il en avait passé des heures pour réanimer ce squelette piqué. Il y avait consacré neuf mois à plein temps. On s’était vu une bonne dizaine de fois durant cette période, Pierre ne parlait que de cela. C'était son oeuvre, sa création.

-  Elle m'a fait souffrir la chienne. J'ai du renforcer le châssis et rajouter des barres de torsion. Je te raconte pas la galère pour les souder. J'ai dû aussi renforcer le pont avant et le pont arrière.

-  Tu ne te lèves pas la nuit pour bosser dessus ? et quand il fait froid, j'espère que tu la couvres.

- Arrêtes, t'es pas drôle, tu peux pas comprendre, toi, tu fais rien de t'es dix doigts, tout ce que tu sais foutre, c’est prendre des photos.

- Cela te rend nerveux ce truc Pierre. Où as-tu mis ton humour putain ! C'est du sérieux. C’est ton gosse ou quoi ?

-  Fais pas chier Konica, tu tournes tout en dérision. Mais, il faudra bien un jour que tu te pauses quelque part que tu prennes le temps de t'investir à fond, de construire quelque chose de solide dans ta vie.

J'ai fermé ma gueule. C'était pas la peine d'aller plus loin, Pierre ne plaisantait pas. C'était pas du pipeau, sa bicoque sur roulettes. Il a toujours été un peu tordu sur les bords, un peu vieux loup solitaire, qui se carapace au moindre dérangement. Mieux vaut caresser l'animal dans le sens du poil. Durant toute la gestation, pardon, la restauration, il m'a pris la tête avec son nid. On aurait dit une future mère en train de tricoter un pull pour sa progéniture à venir. Il ne s'agissait pas de le charrier là-dessus. Une vraie tigresse. Prêt à vous arracher les yeux à la moindre vanne.

27/03/2005

Gamelle et Bol de Lait 15

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Souvent, lorsque j'ai du vague à l'âme, j'aime me retirer du monde dans des endroits tranquilles où ma solitude ne risque pas d'être dérangée.

Souvent, je me retrouve au cimetière de voitures chez Pierre.

Sur 4 ha, deux à trois mille épaves, atmosphère de champs de bataille. J'entre dans les lieux, comme on entre dans un château, une église, une exposition de peintures ou de photographies... Avec recueillement.Aronde_03

Cet endroit m’apaise et me ressource. Je viens y puiser un calme intérieur, une sérénité.

Le paysage est formé de ruines et de rouilles, mais chaque voiture déposait là a une histoire et il me plaît au passage de quelques-unes d'entre elles d'imaginer... La tête des propriétaires, les voyages, les conversations... Certaines voitures m'inspirent plus particulièrement. Est-ce la forme, la couleur... Je pense que c'est un tout. Je redonne sens et vie à ces épaves. Combien de gens ont-ils fait l'amour dans ces voitures ?

Elles ont du caractère, une personnalité. Cette Aronde 2000spider a dû transporter de jeunes amants, leur servant de couche où, pour la première fois, après avoir conduit le véhicule dans un endroit discret, ils se donnèrent.

Cette Panhard a dû servir à son maître de lit pour ses maîtresses.

Cette alfa Roméo fut un parfait instrument de séduction et je ne suis pas certain que les belles qu'elle transporta n'était pas plus sous le charme des chevaux et du rugissement du moteur, de l'odeur et la texture du cuir des sièges que du bonhomme qui la conduisait.Tractionb

Il me calme ce lieu, ça me permet de m'évader, de quitter cette putain de terre et les emmerdes qui y sont inhérents.

Dans un coin, mon regard attrape une vieille traction avant. Instinctivement je ne m'y dirige. Elle est dans un sale état la 11 chevaux. Le bleu marine d'origine est délavé, par endroits pourtant la couleur à garder sa fraîcheur d'antan, comme pour rappeler à la vie, la jeunesse.

Il n'y avait plus de portière à la traction Citroën.

Je me suis assis au volant de l'une de ses ruines. Je suis resté des heures ainsi, contemplant le paysage. J'étais bien.

Je rêvais et m'imaginais ... Casse_1

Vision, apparition.

Ephémère, mais merveilleuse illusion.

La voix de Pierre me sortit de ma torpeur.

Tu étais où Konica. Loin d'ici en tous les cas.

Viens, ne reste pas là, il commence à faire froid ici.

Je suis sûr que tu n'a rien dans le ventre depuis un bon moment.

Tu vas me raconter ce qui t'amène ici, pendant que je préparerai une bonne soupe.

Viens à la maison, il y a aussi une bonne bouteille de whisky qui t'attend.

270_3

Claudia_trabbi_cut_1

Gamelle et Bol de Lait 14

Annliz

Hier, dans le métro, il y avait une brune superbe, une maghrébine, assis en face de moi.

Des yeux verts, magnifiques, et un corps : « je t'en cause même pas ».

À travers son chemisier on devinait une paire de seins fermes dont les pointes percées, deux beaux fruits juteux.

D'habitude, je ne restais pas insensible à ce genre de spectacle. Mais là, j’étais inerte, le regard dans le vague, sans désir.

En rentrant, je me suis rendu compte.

- Putain, mec, où tu en es ! Cet après-midi, pendant 10 minutes, tu as eu devant toi une fille splendide, à faire redresser la queue d'un mort, et toi, rien, aucune réaction.

Cela m'a fait flipper, la panique totale dans ma tête. Je me suis dit, secoues toi, réagis, sinon t'es foutu et tu n'as plus qu’à te tirer une balle dans la tête. Comme le suicide, c'est contre ma religion, je me suis pris en main.

C'est comme ça que j'ai atterri chez Pierre.

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